La Suisse est confrontée au défi de réaliser des tâches sociopolitiques importantes, telles que la mise à disposition d’un nombre suffisant de logements et d’une infrastructure intacte, tout en répondant à un impératif de protection du climat et des ressources. L’ensemble de l’industrie suisse active tout au long de la chaîne de création de valeur du béton travaille déjà intensément à la décarbonisation et à la préservation des ressources naturelles, avec pour objectif de produire du ciment et du béton climatiquement neutres d’ici 2050. Les questions fréquemment posées suivantes fournissent des réponses sur les opportunités et les possibilités de construction en béton en Suisse.
Quelles opportunités et possibilités offre la construction avec du béton?
Le matériau de construction béton est un mélange de sable, de gravier, de ciment et d’eau, et éventuellement d’additifs et d’adjuvants.
Le béton prêt à l’emploi est un béton qui est livré à l’état frais depuis une centrale à béton directement sur le chantier.
Les granulats arrivent à la centrale à béton par train, camion ou bateau et sont stockés à l’air libre ou dans des silos, séparés par groupes de granulats. Les ciments et les additifs sont stockés dans des silos et les adjuvants liquides du béton dans des réservoirs. L’eau provient du réseau public ou de sources propres et/ou, si possible, est complétée ou remplacée par de l’eau recyclée. Les différents matériaux de départ sont dosés à l’aide d’un dispositif de pesage et introduits dans le malaxeur. Après avoir été soigneusement mélangé en respectant les temps de malaxage à sec et humide prescrits, le béton frais est directement vidé dans le véhicule de transport et acheminé vers le lieu d’utilisation.
En Suisse, le béton prêt à l’emploi représente plus de 80% du volume de béton produit chaque année.
Entre 1800 et 2000 kilogrammes de sable et de gravier sont nécessaires à la fabrication d’un mètre cube de béton.
Il y a environ 500 centrales à béton en Suisse.
Le béton n’est pas seulement produit au niveau régional, il est également utilisé au niveau régional. Environ 500 centrales à béton réparties dans toute la Suisse garantissent des trajets courts. En Suisse, le béton frais ne parcourt que quelques kilomètres depuis l’extraction des matières premières jusqu’au chantier en passant par la fabrication, il est disponible au niveau régional et contribue ainsi de manière significative à la réduction des émissions de CO2 liées au transport. Les éléments préfabriqués en béton livrés sur les chantiers respectent également le principe des trajets courts. La production régionale de béton assure de nombreuses places de travail et de formation et favorise ainsi l’économie locale.
Selon une étude de l’EMPA, la consommation annuelle de matériaux de construction en Suisse s’élève à environ 60 millions de tonnes, dont quelque 37 millions de tonnes de béton.
Les adjuvants pour béton sont ajoutés au béton afin d’améliorer ses propriétés. Ils influencent chimiquement ou physiquement des caractéristiques telles que l’ouvrabilité, le durcissement ou la résistance au gel du béton frais ou durci. Ces adjuvants aident par exemple, en tant que plastifiant, à réduire la quantité d’eau et donc de ciment nécessaire. Il est ainsi possible de produire un béton plus ouvrable et plus durable. La réduction éventuelle de la teneur en ciment permet en outre de diminuer l’empreinte écologique du béton. L’ajout d’entraîneurs d’air rend le béton résistant au gel et garantit sa durabilité en cas d’attaque par le gel. Les adjuvants pour béton sont ajoutés en si petites quantités que, par exemple, seuls 3 kg de plastifiant sont utilisés pour 2400 kg de béton, ce qui ne représente que 0,125%. Par conséquent, leur fraction volumique dans le béton est négligeable. La quantité ajoutée varie en fonction de la recette de béton, mais elle est inférieure à 5% mas de la quantité de ciment.
En français, on parle également de «Déclaration Environnementale des Produits». Les impacts environnementaux sont déterminés au moyen d’un écobilan et figurent dans une «déclaration environnementale des produits» (EPD). La norme NF EN 15804+A2:2021 (souvent abrégée en: EN 15804) «Durabilité des ouvrages de construction – déclarations environnementales des produits – règles de base pour les produits destinés à un usage dans les ouvrages de bâtiment» garantit que toutes les EPD pour les produits de construction, les prestations de construction et les processus de construction sont élaborées, vérifiées et présentées de manière uniforme et comparable.
Les résultats de l’écobilan issus des EPD sont ensuite utilisés dans le cadre des normes SIA 112/1:2017 et SIA MB 2032:2020 afin d’évaluer les impacts environnementaux des bâtiments dans leur ensemble. La norme EN 15804+A2:2021 comprend 36 indicateurs, ce qui peut entraîner un degré élevé de complexité et de confusion chez les premiers utilisateurs. Aujourd’hui en Suisse, seuls quelques indicateurs environnementaux sont généralement utilisés, tels que l’énergie primaire (non renouvelable, renouvelable, totale) et les émissions de gaz à effet de serre. Les fabricants ou les associations fournissent de plus en plus les résultats pour chaque matériau.
Dans le cadre de la mise en œuvre du «Pacte vert» de la Communauté européenne, les propriétés environnementales des produits de construction selon la norme EN 15804+A2:2021 devront être déclarées obligatoirement dans les déclarations de performance. Les adaptations de la législation sur les produits de construction sont en cours.
Au sein de l’UE, les déclarations environnementales des produits (EPD) selon la norme EN 15804+A2 constituent une référence pour la présentation des résultats d’analyses du cycle de vie des produits de construction. En Suisse, la Conférence de coordination des services de la construction et des immeubles des maîtres d’ouvrage publics (KBOB) se charge de publier les règles relatives à l’établissement des bilans pour les produits de construction ainsi que la liste des données écobilans dans la construction (liste KBOB). Vous trouverez les principales différences des règles relatives à l’établissement des bilans dans la fiche d’information «Ecobilan» de Conspark:
Dans le béton, le ciment sert de liant au gravier et au sable et représente environ 11 à 13% du poids d’un béton de construction typique. Plus de 80% des émissions de CO2 du béton sont dues à ce liant. Par conséquent, un mètre cube de béton moyen génère une empreinte carbone d’environ 170 à 220 kg/m3*. Cette valeur est relativement faible par rapport à de nombreux autres matériaux tels que les métaux et les plastiques, ou même les aliments comme la viande de bœuf (avec environ 14 000 kg de CO2 par tonne). En comparaison directe avec d’autres matériaux, le béton n’est donc pas un matériau intense en CO2. En tant que deuxième matière la plus utilisée au monde après l’eau, le béton a une importance indéniable.
* En fonction du type de béton (valeurs= DEP moyenne des types de béton suisses selon SN EN 206).
L’acier utilisé pour l’armature est composé à 100% de matériaux recyclés. Les émissions de CO2 s’élèvent à environ 400 kg par tonne d’acier, cette valeur dépendant fortement du procédé de fabrication.
Oui, même en respectant les exigences de la loi révisée sur l’énergie, il sera toujours possible de construire des bâtiments en béton. Les cantons imposeront à l’avenir des valeurs limites pour l’énergie grise, applicables aux constructions neuves et aux importants chantiers de rénovation. L’essentiel est de choisir un béton de qualité adaptée et de l’utiliser là où il est nécessaire. L‘objectif est de parvenir à une utilisation consciente, efficace et respectueuse des ressources – le béton reste un matériau de construction central qui peut être utilisé de manière durable.
Il est essentiel d’évaluer les matériaux de construction non seulement sur la base des émissions générées lors de leur fabrication, mais aussi dans le contexte de l’ensemble du cycle de vie d’un ouvrage. Le béton convainc ici par sa longévité et sa robustesse. Cela permet d’économiser de l’énergie pour l’entretien ou la rénovation des ouvrages. Pour les éléments de construction à longue durée de vie, les émissions liées à la fabrication sont moins fréquentes que pour ceux à courte durée de vie. Des études ont montré que le choix du matériau de construction n’a pas d’influence décisive sur l’écobilan des bâtiments lorsqu’il est considéré sur une période de 50 années.
Lors de la fabrication du ciment Portland, un mélange de roches composé de calcaire et de marne ou d’argile est transformé en une farine brute homogène. Celle-ci a une granulométrie et une composition chimique définies. La farine brute est ensuite cuite à 1450 °C pour le frittage. Le produit cuit est ensuite broyé en une poudre de ciment fine, miscible et réactive. En principe, le processus de fabrication du ciment se compose de trois étapes de production: Premièrement, l’extraction des matières premières, deuxièmement, l’homogénéisation et la cuisson et troisièmement, le broyage du ciment et l’expédition.
Deux tiers des émissions de CO2 liées à la fabrication de ciment proviennent des matières premières utilisées, tandis qu’environ un tiers est dû à l’utilisation de combustibles. Le calcaire et l’argile extraits de la carrière sont d’abord concassés, puis cuits dans un four rotatif. Ce processus génère des émissions de CO2 liées à la fois aux matières premières et à la production d’énergie. Les émissions liées aux matières premières sont inévitables et résultent de la désacidification du calcaire, au cours de laquelle le CaCO₃ se décompose en CaO et CO2. Parallèlement, comme il est nécessaire d’utiliser des combustibles pour atteindre les températures élevées de 1450 °C du processus de cuisson, l’énergie utilisée à cette fin génère des émissions de CO2. La forte réduction de la part des combustibles fossiles a permis de réduire considérablement les émissions de CO2 par le passé (voir question suivante). Des émissions indirectes de CO2, comparativement faibles, sont également générées par l’utilisation d’électricité dans la production et la logistique du ciment et du béton.
Depuis 1990, l’industrie a déjà réduit ses émissions de 30% net. Trois mesures ont contribué à ce résultat:
1. L’amélioration de l’efficacité énergétique;
2. L’utilisation de combustibles à plus faible empreinte carbone;
3. Le développement de nouveaux ciments avec une teneur en clinker plus faible et donc une empreinte carbone plus faible.
En Suisse, on utilise aujourd’hui principalement des ciments à empreinte carbone réduite. Grâce notamment à l’utilisation de ciments composites Portland (CEM II) et de ciments de haut fourneau (CEM III)), la part du clinker, produit intermédiaire à forte intensité de CO2, a pu être réduite dans le ciment de 83% en 1990 à environ 70% aujourd’hui. Les améliorations de l’efficacité thermique et l’utilisation accrue de combustibles alternatifs contenant de la biomasse ont également contribué de manière significative à la réduction des émissions de CO2. Le secteur s’est fixé pour objectif d’atteindre zéro émission nette d’ici 2050. De plus amples informations à ce sujet sont disponibles sur le site web de cemsuisse dans sa feuille de route.
En tant que «puits CO2», le ciment et le béton contribuent à influencer positivement le bilan écologique. On appelle carbonatation le processus par lequel la pâte de ciment absorbe d’elle-même le CO2 de l’air. Lors de la production de ciment, le CO2 est rejeté de la pierre calcaire lors de la calcination, la carbonatation est l’inverse de ce processus. Cela signifie que la pâte de ciment réabsorbe le CO2 de l’air ambiant. Ce CO2 s’associe à l’hydroxyde de calcium et à l’eau présents dans la pâte de ciment et se transforme en calcaire. Ce processus est appelé cycle du calcium. Une nouvelle libération du CO2 absorbé dans l’air est exclue. Il reste enfermé dans le béton et renforce même sa structure. Le béton devient plus dense et plus solide. Pour protéger l’armature en acier contre la corrosion, il est nécessaire de disposer d’un enrobage correspondant, qui est défini lors de la planification des éléments en béton.
Selon le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (EMPA) et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le béton absorbe environ 15 à 20% du CO2 de l’air ambiant pendant sa durée d’utilisation et le stocke durablement. Le béton peut ainsi compenser une partie du CO2 produit lors de la fabrication du ciment. Si, en outre, les granulats de béton sont enrichis en CO2, cela peut améliorer le bilan climatique du béton frais d’environ 10%.
Dans le cadre de la construction durable, l’utilisation de granulats recyclés pour la fabrication du béton prend de plus en plus d’importance. Cela permet non seulement de réduire la consommation de granulats naturels, mais aussi d’éviter la mise en décharge de matériaux minéraux de déconstruction. Il existe deux types de granulats recyclés: Les granulats de béton (C) et les granulats mixtes (M). Les granulats de béton sont fabriqués à partir de béton de démolition traité, issu de la déconstruction d’ouvrages en béton armé ou non armé. Les granulats mixtes, quant à eux, sont issus de la préparation de déchets de démolition mixtes provenant de la déconstruction d’éléments de construction en béton, de maçonnerie en briques, en grès calcaire et en pierres naturelles.
- Quantité de béton de démolition en Suisse: environ 5-6 millions de tonnes
- Quantité de matériaux de démolition non triés en Suisse: environ 1,5-2,0 millions de tonnes
- Taux de recyclage de tous les matériaux de déconstruction: en Suisse, grâce à de nombreuses entreprises innovantes et prévoyantes, environ 80 à 85% des matériaux de déconstruction produits sont déjà recyclés. Pour la déconstruction du béton, cette proportion tend même à atteindre les 100% dans certains cas. Ces valeurs sont des records en Europe (sources: Étude «MatCH» de l’EMPA, page 48 et suivantes, ainsi que le rapport de l’OFEV sur la gestion des déchets 2008).
Les granulats recyclés peuvent être utilisés dans différents types de béton, y compris le béton maigre, le béton d’enrobage et de remplissage et le béton de construction selon les normes SN EN 206. Pour l’utilisation de béton contenant des granulats recyclés, il est important de suivre les directives du cahier technique SIA 2030, qui figure dans l’annexe nationale SN EN 206.
Le béton est un matériau de construction indispensable pour de nombreuses tâches de construction dans le cadre de la transition énergétique. Il joue notamment un rôle important dans la construction d’éoliennes et d’installations hydroélectriques. Ainsi, le béton apporte une contribution déterminante à la construction d’une infrastructure énergétique nouvelle et durable.
Le béton présente des avantages pour l’efficacité énergétique des bâtiments: sa capacité à stocker la chaleur permet d’optimiser la consommation d’énergie. De plus, l’activation des noyaux de béton permet de mettre en œuvre une technique de chauffage et de rafraîchissement efficace dans les bâtiments. Grâce à des éléments de construction efficaces en termes de ressources et à des innovations technologiques, il est en outre possible de réaliser des constructions en béton à faible émission de CO2 et à haute performance.
L’activation des noyaux de béton, également connue sous le nom d’activation thermique des éléments de construction, est une méthode innovante et économique pour rafraîchir et réchauffer les bâtiments. Elle utilise la capacité des dalles et des murs du bâtiment à stocker de l’énergie thermique et à chauffer ou rafraîchir les pièces.
L’activation des noyaux de béton est surtout utilisée dans les immeubles de bureaux et les bâtiments administratifs, les écoles, les hôpitaux, les maisons de retraite et les musées. Des systèmes de tuyaux préfabriqués, appelés «registres de tuyaux», sont installés à l’intérieur des couches d’armature dans les éléments de construction en béton (généralement des dalles, des piliers ou, le cas échéant, des murs).
De l’eau circule dans les tuyaux et, en fonction de la température, absorbe la chaleur de la dalle (effet de rafraîchissement) ou la restitue à la dalle (chauffage). Pour tempérer l’eau du circuit, on peut par exemple utiliser des sondes géothermiques dans le sol. En mode rafraîchissement, l’énergie de refroidissement peut provenir directement de sources géothermiques pendant environ 80% du temps d’utilisation.
Le béton absorbe l’énergie ambiante et la restitue sous forme de chaleur dans la pièce sur toute sa surface. Avec l’activation des éléments de construction, l’eau qui circule peut fonctionner à basse température, même les jours d’hiver froids. Même à des températures de bain habituelles, l’eau réchauffe les surfaces en béton et assure ainsi une température ambiante agréable.
Des études telles que le projet suédois VIVA ont montré que, sur le cycle de vie d’un bâtiment, le choix entre le béton et le bois comme matériau de construction n’a guère d’influence significative sur le résultat global en termes d’impact environnemental et de consommation d’énergie primaire.
Une étude norvégienne qui s’est penchée sur les bilans des émissions de gaz à effet de serre de constructions en bois et en béton a confirmé ce résultat. Selon cette étude, il n’existe aucune base empirique permettant d’étayer l’affirmation selon laquelle le bois serait plus écologique que le béton.
Sources des études susmentionnées et d’autres études:
- Eva-Lotta Kurkinen, Joakim Norén, Diego Peñaloza Nadia Al-Ayish, Otto During, 2015, Energy and climate-efficient construction systems Environmental assessment of various frame options for buildings, Suède
- Anne Rønning, Kjersti Prestrud, Lars G. F. Tellnes, Simon Saxegård, Simen S. Haave, Magne Lysberg, 2019, Klimagassregnskap av tre-og Betongkonstruksjoner Kontorbygning - 4, 8 og 16 etasjer, Norvège
- P.J. Sölkner A. Oberhuber S. Spaun R. Preininger F. Dolezal H. Mötzl A. Passer G. Fischer, 2103, Innovative Building Concepts in Ecological and Economic Comparison over the Life Cycle, Autriche
- Frank Werner, Rolf Frischknecht, Laura Tschümperlin, Livia Ramseier, 2018 Technische Grundlagen zur Prüfung eines Wechsels auf die europäischen EPD Normen für die ökologische Bewertung von Baustoffen und Gebäuden, Suisse
- La demande mondiale de matériaux de construction est énorme. Actuellement, il n’y a pas assez de bois pour apporter une contribution substantielle à la construction à l’échelle mondiale. Même s’il y avait suffisamment de bois, celui-ci ne pourrait pas entièrement remplacer le béton. Il existe de nombreux domaines d’application présentant des exigences techniques auxquelles le matériau bois ne peut pas répondre (p. ex. ponts, routes, génie civil, canalisations).
- La culture et l’abattage d’une quantité de bois adaptée aux besoins entraîneraient des modifications profondes, voire négatives, des paysages et la biodiversité en serait également impactée.
- En ce qui concerne les émissions de CO2, il faut prendre en compte l’énergie totale, y compris celle utilisée pour l’abattage, le transport et, par exemple, le collage du bois lamellé-collé.
- Il faut également tenir compte du rapport entre le bois utilisé et celui qui est abattu, se décompose et émet à nouveau du CO2.
La conception de l’ouvrage et la planification sont les principaux leviers de la construction durable, tandis que le choix des matériaux, y compris le béton, exerce une influence comparativement faible.
- Planification dans l’esprit de l’économie circulaire
- Économie de matériaux grâce à des corps creux, des dalles nervurées ou à caissons, ainsi qu’à l’utilisation d’éléments préfabriqués.
- Utilisation de ciments efficaces en termes d’émissions de CO2
- Recyclage du béton et développement de béton neutre en CO2
- Béton avec du CO2 stocké dans le matériau recyclé
- Prolongation de la durée de vie des ouvrages
- Utilisation de l’activation des éléments de construction
- Utilisation de constructions hybrides
- Promotion d’innovations telles que l’impression 3D et le béton carbonbeton.
Bon nombre des approches ci-dessus favorisent une gestion responsable des matériaux dans l’esprit des 6R: repenser, refuser, réparer, réutiliser, recycler et réduire.
De manière générale, les labels et normes de durabilité exigent une compatibilité environnementale accrue pour les bâtiments. L’accent est mis sur l’énergie grise et les émissions de gaz à effet de serre. Appliqué aux structures porteuses en béton, cela signifie d’une part qu’il faut réduire la quantité de béton utilisée, d’autre part qu’il faut choisir des types de béton appropriés, optimisés sur le plan environnemental, et prolonger la durée de vie du bâtiment.
Les impacts environnementaux d’une structure porteuse en béton (énergie primaire totale, non renouvelable, renouvelable, émissions de gaz à effet de serre et points d’impact environnemental) sont évalués au moyen d’écobilans simplifiés. Ceux-ci peuvent être influencés positivement dès le début du processus de planification grâce à un concept de bâtiment optimisé avec un classement par pertinence. Mesures:
- Optimisation élevée des surfaces
- Bâtiments compacts ayant un faible facteur d’enveloppe
- Réduction des constructions dans les espaces souterrains
- Choix du mode de construction
- Epaisseur d‘isolation optimale
- Excavations réduites
- Fondations adaptées
- Système porteur efficace (p. ex. des portées adéquates et une transmission directe des charges)
- Faible proportion de fenêtres
- Optimisation des éléments de construction (p. ex. dalles minces)
- Réduction des installations techniques du bâtiment (séparation entre la structure porteuse et les installations techniques du bâtiment)
- Norme d‘aménagement simple
En vue d’une réutilisation, il convient de tenir compte des facteurs suivants:
- Réutilisabilité des éléments de construction
- Mode de construction modulaire, à systèmes séparés
- Flexibilité pour le changement d’affectation
Une mesure très efficace pour réduire l’impact environnemental des dalles plates est la séparation délibérée et systématique des installations techniques du bâtiment et de la structure porteuse. Si une plus grande épaisseur de dalle et une flexibilité moindre en matière de plan sont envisageables, une dalle mixte bois-béton permet d’obtenir une amélioration supplémentaire. Pour des dalles à grande portée, l’épaisseur des dalles peut être réduite d’environ 20% grâce à la précontrainte. En particulier pour les bâtiments plus hauts et à plusieurs étages, la réduction de l’épaisseur des dalles a un effet favorable sur les éléments porteurs verticaux et sur les fondations.
Les dalles nervurées sont, en matière de consommation de matériaux, beaucoup plus efficaces que les dalles pleines. Par rapport aux dalles plates, les dalles nervurées supportent une hauteur de construction plus élevée et affichent une plus faible consommation de matériaux par mètre carré. Toutefois, les besoins de coffrage sont nettement plus importants.
Jusqu’à la fin des années 1960, les logements et les bureaux étaient souvent construits à l’aide de dalles nervurées en béton dans le but de réduire le coût des matériaux. Compte tenu du rapport actuel entre les coûts de la main-d’œuvre et les coûts des matériaux, les dalles nervurées ont perdu leur avantage financier, mais pas leur avantage écologique.
De nos jours, les dalles nervurées ne sont généralement utilisées que pour des portées supérieures à 8 mètres et sont donc souvent employées dans la construction industrielle. Pour ces portées, les dalles à champignons précontraintes et les dalles avec des poutres larges et plates dans la direction de la plus grande portée sont extrêmement efficaces.
Contrairement aux dalles pleines en béton coulé sur place, les dalles nervurées permettent de réduire fortement le volume de béton et donc les émissions, même pour de plus petites portées. Les inconvénients sont des besoins de coffrage plus élevés, une épaisseur de dalle plus importante et une flexibilité moindre pour le réseau des installations techniques du bâtiment. En particulier pour les bâtiments plus hauts et à plusieurs étages, la réduction de la masse des dalles a également un effet favorable sur les éléments porteurs verticaux et sur les fondations en matière de consommation de matériaux.
Existe‑t‑il d’autres solutions pour la construction de dalles économes en matériaux?
Oui, il s’agit des systèmes suivants:
- Dalles à corps creux
- Dalles à caissons
- Dalles voûtées plates
Les labels et normes les plus répandus en Suisse dans la construction durable sont les suivants: Minergie, Minergie-Eco, la voie SIA vers l’efficacité énergétique et le certificat ou Standard de Construction Durable Suisse (SNBS). Le Certificat énergétique cantonal des bâtiments (CECB), identique pour toute la Suisse, évalue la qualité de l’enveloppe et le bilan énergétique global d’un bâtiment.
De manière générale, les labels servent de repères pour simplifier et structurer la vaste thématique de la durabilité, pouvoir communiquer dessus, la rendre mesurable et comparable, en se focalisant souvent sur un seul ou quelques critères. La Confédération les utilise également comme mesures d’accompagnement. Les labels s’appuient en principe sur des normes et évaluent ainsi la performance en matière de durabilité d’un projet ou d’un bien immobilier existant.
Les labels et normes que nous avons mentionnés diffèrent par l’étendue avec laquelle ils couvrent les aspects de la durabilité. Ainsi, le label suisse Minergie par exemple, qui est le plus connu, vise avant tout à construire des bâtiments performants sur le plan énergétique. Enfin, le Standard de Construction Durable Suisse SNBS-Bâtiment s’appuie notamment sur les concepts de Minergie et d’ecobau et couvre un plus grand nombre d’aspects de la durabilité. La voie SIA vers l’efficacité énergétique, en revanche, inclut la construction, l‘exploitation et la mobilité induite par le bâtiment et le site avec des exigences claires appliquées à l’énergie primaire maximale et aux émissions de gaz à effet de serre. Les méthodes utilisées pour y répondre, quant à elles, sont laissées à la discrétion des concepteurs et des architectes.
Il existe diverses normes et divers cahiers techniques de la SIA qui contribuent à évaluer la durabilité des structures porteuses en béton.
Le cahier technique SIA 2032:2020 «Energie grise des bâtiments» est principalement axé sur la durabilité écologique et met l’accent sur l’énergie grise ou l’énergie primaire non renouvelable liée à la fabrication des matériaux de construction. Il définit également la limite du système et les règles de calcul, tout en présentant des bâtiments et des éléments de bâtiment exemplaires ainsi que des points de référence.
La norme de compréhension SIA 112/1:2017 «Construction durable – Bâtiment» est un instrument visant à favoriser la compréhension entre les maîtres d’ouvrage et les concepteurs lors de la commande et de l’exécution de prestations spécifiques pour une construction durable. Elle englobe aussi bien des aspects sociaux (intégration dans le voisinage, participation, utilité) que le confort de l‘utilisateur (lumière, qualité de l‘air) ainsi que des aspects économiques (coûts tout au long du cycle de vie, revente...) et environnementaux. Contrairement au cahier technique SIA 2032:2020, qui est axé sur la construction de bâtiments, la norme de compréhension SIA 112/1:2017 prend également en compte la phase d’utilisation du bâtiment (efficacité énergétique et santé) ainsi que la mobilité induite.
Le recours au béton, le choix du type de béton et sa conception ont d’une part une influence sur l’énergie grise selon le cahier technique SIA 2032:2020 ainsi que sur de nombreux autres indicateurs de durabilité (pérennité, flexibilité, coûts de construction et d’entretien) énumérés dans la norme SIA 112/1:2017. La quantité de béton (dimensions de l’élément de construction) et les exigences techniques correspondantes sont déterminées selon les normes de dimensionnement SIA 262:2013 ou les Eurocodes.
Les domaines de recherche actuels concernant le béton comprennent:
- Perfectionnement du ciment
- Captage du CO2 lors de la production de ciment
- Systèmes alternatifs d’armature pour le béton textile ou le carbonbeton
- Impression 3D du béton
- Passage d’une économie linéaire à une économie circulaire
- Processus de capture du CO2 par le béton issu du démantèlement