Je trouve que ce n’est pas justifié. Ce matériau de construction est indispensable, que ce soit pour les bâtiments, les ponts, les tunnels ou les infrastructures dans leur ensemble. Ses caractéristiques, telles qu’une longue durée de vie, une grande robustesse et un haut niveau de sécurité, sont exceptionnelles. Dans l’opinion publique, toutefois, le béton est souvent considéré de manière un peu trop simpliste comme un «ennemi du climat». D’autres matériaux sont considérés comme plus écologiques, mais quiconque examine vraiment les faits constate qu’aucun autre matériau de construction n’allie à ce point durabilité, capacité portante et circularité.
Le secret de la durabilité réside donc dans l’utilisation intelligente du béton! Il doit être employé là où ses atouts peuvent être mis en valeur. Le fait de le combiner avec d’autres types de matériau de construction peut également être judicieux. L’essentiel est que les matériaux, dans leur ensemble, offrent les meilleures performances pour chaque projet de construction.
Souvent, l’erreur de jugement naît d’un ordre de grandeur trop approximatif, car certes les quantités de béton utilisées dans le monde pour la construction sont énormes et donc les émissions totales semblent élevées, mais l’empreinte carbone du béton est meilleure par rapport à d’autres matériaux de construction. Le problème ne vient donc pas du matériau en lui-même, mais de la masse et de la manière dont il est utilisé. La solution réside dans une planification intelligente et un emploi judicieux des ressources.
Selon nos estimations, nous pourrions économiser jusqu’à un tiers de béton et d’armatures dans de nombreux domaines si davantage de temps et de ressources étaient investis en amont dans une planification optimisée et des calculs plus précis. Le secteur de la préfabrication montre déjà que c’est possible.
Un autre angle d’approche est le choix du type de ciment. En fonction de la résistance et la durabilité requises, la teneur en clinker peut être adaptée, ce qui peut avoir son importance puisque c’est ce dernier qui est responsable de la majeure partie des émissions de CO₂. Il faut savoir que des ciments à teneur réduite en clinker sont déjà disponibles sur le marché et que l’industrie cimentière travaille intensivement à la décarbonation du processus de production, qui a l’impact le plus important sur le bilan climatique. Le captage du CO₂, quant à lui, est techniquement possible, mais nécessite beaucoup d’énergie renouvelable et d’infrastructures.
Un remplacement total du béton par d’autres matériaux ne serait ni faisable ni judicieux sur le plan écologique. Sa fonction dans le secteur de la construction est trop centrale pour que l’on puisse s’en passer. L’essentiel est de se concentrer sur la manière dont nous l’utilisons et le faisons évoluer.