Durabilité
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Comment la plus grande halle sans piliers de Suisse orientale répond aux défis du développement durable

Bon bilan carbone grâce à une utilisation ciblée des matériaux et une construction légère.

Comment la plus grande halle sans piliers de Suisse orientale répond aux défis du développement durable

Construction d’une nouvelle Halle 1 pour l’Olma Messen St. Gallen

Olma Messen organise chaque année plus de 100 manifestations et environ 10 foires. Pour gérer l’organisation de ce grand nombre d’événements différents, il est nécessaire de pouvoir exploiter de façon à la fois variée et simultanée les halles et leur infrastructure. La Halle 1 d’origine datant des années 1980 n’était plus en mesure de répondre aux exigences actuelles d’une exploitation élevée et flexible ainsi que d’une infrastructure moderne. La nouvelle construction de remplacement marque le coup d’envoi d’une nouvelle ère événementielle avec de nouvelles possibilités pour les salons et les grandes manifestations culturelles et sportives. Elle permet ainsi au site tout entier d’être plus flexible pendant les périodes de forte affluence.

La couverture de l’autoroute permet de gagner du terrain

Comme il n’était pas possible de réaliser une nouvelle Halle 1 de la taille souhaitée avec l’espace disponible sur le site, il a été prévu de recouvrir le portail Est du tunnel de Rosenberg dans le cadre de la remise en état de l’autoroute urbaine A1. Ce n’est que grâce au « gain de terrain » qui en a résulté que le projet d’une grande halle sans piliers a pu voir le jour. La réalisation d’une construction de génie civil complexe et couteuse reposant sur quelques points d’appui prédéfinis, et ce, directement au-dessus de l’autoroute, constitue l’un des grands défis du projet.

Témoignage de l’architecte Marcel Santer, Ilg Santer Architekten, sur les défis et l’écobilan calculé.
Témoignage de l’architecte Marcel Santer, Ilg Santer Architekten, sur les défis et l’écobilan calculé.

Intégration et architecture urbanistiques

Avec le nouveau bâtiment de la Halle 1 et la place de foire adjacente, le site d’exposition introverti de l’Olma-Areal s’ouvre sur la ville et crée un espace ouvert accessible au public. On voit naître un dialogue entre « ancien » et « nouveau » au travers de la connexion créée à l’intérieur du bâtiment. Quant à la nouvelle identité visuelle de l’Olma, elle sera marquée par des espaces extérieurs solides et polyvalents. Le volume de la nouvelle Halle 1 a été placé à l’extrémité de l’axe principal du site de l’Olma. Sur le plan architectural, le corps de bâtiment répond ainsi aux questions que l’on peut se poser sur son rôle de bâtiment public, en tant que porte d’entrée et de sortie du site ainsi que de gain de surface utile sur l’autoroute. Lors de manifestations, l’actuelle Place de l’Olma est considérée comme un espace public ouvert pour le quartier. D’un point de vue architectural, la nouvelle Halle 1 est traitée comme un édifice à part entière : le corps de bâtiment est divisé horizontalement en un socle avec de gigantesques piliers, un anneau porteur en béton et une construction en acier qui supporte le toit de la halle. La division en trois parties s’intègre dans le développement en hauteur du site avec la reprise des lignes de gouttière et lui donne en même temps une ligne dynamique allongée rappelant l’autoroute.

Galerie: Stütze
Galerie: Stütze
Galerie: Stütze
Galerie: Stütze
Galerie: Stütze
Images: Ilg Santer Architekten, Genossenschaft Olma Messen St. Gallen
Images: Ilg Santer Architekten, Genossenschaft Olma Messen St. Gallen

L’échelle de référence ? Le calcul du bilan CO2

« La protection du climat est un thème important, surtout pour les projets intergénérationnels avec leurs défis spécifiques », explique Marcel Santer. « Il s’agit de trouver une échelle pour pouvoir classer les constructions spéciales et exceptionnelles.» En réalisant le bilan CO2 du bâtiment, la SRE a été calculée et la valeur obtenue se monte à 8,4 kg de CO2 /m2 . Cette valeur peut être classée comme suit :

  • La valeur cible définie dans le cahier technique SIA 2040 La Voie SIA vers l’efficacité énergétique pour tous les bâtiments est de 9 kg de CO2 /m2 de SRE (surface de référence énergétique). Dans le cas du nouveau bâtiment de remplacement de la Halle 1 de l’Olma, la SRE est inférieure de 0,6 kg/m2 à cette valeur.
  • Les projets pilotes actuels, comme l’école Walkeweg de Bâle et l’école cantonale de Wattwil (SG), visent une valeur de 7 kg de CO2 /m2 de SRE. En comparaison, la nouvelle construction de la Halle 1 de l’Olma obtient, malgré des contraintes matérielles incroyablement plus importantes, une très bonne valeur.
  • Le bilan CO2 de la nouvelle Halle 1 a été comparée à celui d’un autre projet de concours dont la structure porteuse est majoritairement en bois. La différence entre les deux bilans CO2 est inférieure à 1%.
Galerie 2: Stütze
Galerie 2: Stütze
Galerie 2: Stütze
Images: Ilg Santer Architekten, Genossenschaft Olma Messen St. Gallen
Images: Ilg Santer Architekten, Genossenschaft Olma Messen St. Gallen

Construction durable

«Les constructions spéciales comme la nouvelle Halle 1 de l’Olma nécessitent une approche différenciée en matière de développement durable. Pour pouvoir mener à bien cette réflexion, il faut faire une distinction claire entre la halle proprement dite en tant que bâtiment à partir du niveau RDC et la couverture de l’autoroute en tant qu’ouvrage de génie civil jusqu’au niveau RDC», explique Marcel Santer du bureau d’architectes Ilg Santer. «En tant que bâtiment, la Halle 1 peut être comparée à d’autres bâtiments et à des objectifs climatiques sur la base d’un calcul de son bilan carbone et de son énergie grise. Cependant, contrairement à la construction de bâtiments, les comparaisons, les évaluations et les expériences font défaut pour les grands projets d’infrastructure. C’est ce qu’a confirmé notre spécialiste en écologie, qui a réalisé l’étude de durabilité pour la Halle 1 de l’Olma. »

Selon l’architecte Marcel Santer, la question de la limite du système est en outre décisive pour les grandes infrastructures, parce que des facteurs socioculturels rentrent aussi en ligne de compte ici, comme par exemple pour la Halle 1, la revalorisation du quartier par la création de la nouvelle Place de l’Olma, qui crée un lien entre le site de l’Olma et l’espace public, ou le gain de terrain obtenu grâce à la couverture de surfaces d’infrastructure imperméabilisées et non une perte de terres cultivables ou de bâti existant au profit de la nouvelle construction.

Une utilisation ciblée des matériaux et une construction légère permettent d’avoir un bon bilan CO2

Dans le cas de la Halle 1, le béton et l’acier sont utilisés en fonction de leurs qualités respectives. Cela permet de réduire au maximum la consommation de matériaux « plus mauvais » de sorte que cela se répercute en fin de compte de façon positive sur le bilan CO2 . Pour la construction du toit, par exemple, une structure spatiale MERO d’une masse surfacique de 85 kg d’acier/m2 a été utilisée comme construction en acier léger. Une telle structure est particulièrement adaptée à ce type de construction exceptionnelle, avec les portées et l’espace disponible énormes que présente la halle de 60 x 150 mètres. « Grâce à la consommation réduite de matériaux, la combinaison béton-acier a permis de mieux positionner le bâtiment en termes d’émission de CO2 qu’une construction en bois, qui est considéré comme un meilleur matériau », explique Marcel Santer.

Une installation photovoltaïque plutôt que la végétalisation extensive des toits

L’obligation légale de végétaliser extensivement les toits a été abandonnée au profit d’un meilleur bilan CO2 . La charge utile supplémentaire aurait augmenté la masse surfacique de la construction métallique de 270 t d’acier et aurait généré 760 t de CO2 ce qui aurait correspondu à plusieurs fois la capacité de stockage de CO2 de la végétalisation extensive. Dans une vision d’ensemble et en collaboration avec les autorités, l’économie a été réduite à environ deux tiers au profit d’une végétalisation intensive plus précieuse pour la biodiversité d’une part et d’une installation photovoltaïque sur toute la surface d’autre part. L’installation photovoltaïque produit sur 5000 m2 environ 500 000 kWh d’électricité par an. De plus, la poutre-caisson en béton est conçue comme un bassin de rétention ouvert qui fait tout le tour du toit. L’eau de pluie qui s’y accumule s’évapore et contribue, tout comme une végétalisation extensive, à réduire la chaleur.

Sources: Genossenschaft Olma Messen St.Gallen, Ilg Santer Architekten, IMAGE and CONTENT GmbH

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