Entretien, Suivre une formation continue
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Sur le chantier, les connaissances prennent vie

Christian Stettler, conducteur de travaux chez Implenia, supervise les travaux de réparation de la galerie pare-avalanche à Oberried, entre Interlaken et Brienz (BE). Il peut ainsi mettre directement en pratique les connaissances acquises dans le cadre de la formation DAS ingénieur(e) béton de la FHNW.

Sur le chantier, les connaissances prennent vie

Entretien avec Christian Stettler

BETONSUISSE s’est entretenu avec Christian Stettler au sujet des défis particuliers de ce projet, de l’intérêt de cette formation continue et de l’importance de disposer de connaissances techniques solides pour la réparation des ouvrages en béton existants. La formation DAS ingénieur(e) béton de la FHNW se compose de trois CAS (Certificate of Advanced Studies), dont le CAS «Protection et réparation des constructions en béton».

Images de la galerie pare-avalanche d’Oberried avant la rénovation. Photos ingenta ag
Images de la galerie pare-avalanche d’Oberried avant la rénovation. Photos ingenta ag
DAS ingénieur béton

Pourquoi avez-vous choisi de suivre la formation DAS ingénieur béton? 
Je travaille depuis de nombreuses années dans le génie civil et j’accompagne la réalisation de projets de construction très divers. Comme le béton occupe une place de plus en plus importante dans mon activité professionnelle, je souhaitais approfondir mes connaissances techniques et mieux comprendre les liens entre la conception, l’exécution, la durabilité et la réparation des ouvrages. La formation DAS Ingénieur(e) béton m’a apporté les connaissances théoriques et pratiques nécessaires à cet effet.

Vous supervisez actuellement un projet de réparation d’un ouvrage en béton. Pouvez-vous nous le présenter brièvement? 
Je supervise actuellement la réparation d’une galerie pare-avalanche existante. La structure en béton présente d’importantes fissures et des dégradations dues à une réaction alcali-granulat progressive. Sa sécurité structurale présente également certaines insuffisances.
Le béton endommagé est retiré jusqu’à la couche d’armature existante au moyen de la technique d’hydrodémolition à haute pression. Les parois de la galerie sont ensuite renforcées par l’ajout d’un béton autoplaçant (BAP) et d’une couche d’armature supplémentaire. Lorsque cela s’avère nécessaire, la dalle de couverture est remise en état et ré-étanchéifiée. L’objectif est de rétablir durablement la sécurité structurale, l’aptitude au service et la durabilité de l’ouvrage.

Qu’est-ce qui rend les travaux sur cette galerie pare-avalanche particulièrement exigeants?
En raison du risque d’avalanches, les travaux ne peuvent être réalisés que de mai à novembre. Le caractère bien réel de ce risque s’est confirmé au printemps 2026, lorsqu’une avalanche s’est déclenchée dans le secteur de la galerie pour la première fois depuis plusieurs décennies. Par ailleurs, les conditions d’accès et l’espace disponible sur le chantier sont très restreints. Pendant les travaux, la circulation est maintenue sur une seule voie à hauteur du chantier. La présence de la faune locale nécessite également la mise en place de mesures particulières. Ainsi, les abords du chantier offrent aux serpents un habitat particulièrement favorable. Un concept spécifique a donc été mis en place afin de garantir la sécurité des personnes intervenant sur le chantier. A ce jour, un seul serpent a été aperçu pendant les travaux. A l’issue de la rénovation, des habitats adaptés à la faune devraient à nouveau être aménagés aux abords de l’ouvrage.

Quels contenus du CAS «Protection et réparation des constructions en béton» avez-vous pu mettre directement en pratique dans le cadre de ce projet?
J’ai notamment pu mettre directement en pratique mes connaissances en matière d’analyse des dommages, d’évaluation de l’état des ouvrages et de choix des mesures de réparation appropriées. Ces connaissances me permettent aujourd’hui de mieux évaluer les différentes solutions techniques et d’en accompagner la mise en œuvre de manière ciblée et professionnelle.

Qu’attendiez-vous de cette formation continue? 
Je recherchais une formation exigeante, qui me permette d’acquérir des connaissances techniques solides tout en intégrant les dernières avancées de la recherche et de la pratique. Il était également essentiel pour moi que la formation soit directement en lien avec les défis auxquels je suis confronté au quotidien, tant dans mon activité professionnelle que sur les chantiers. Enfin, je souhaitais profiter de cette occasion pour développer mon réseau au sein de la branche.

Quels contenus ou modules vous ont été particulièrement utiles? 
J’ai particulièrement apprécié les modules consacrés à l’évaluation des dommages, au choix des mesures de réparation appropriées, ainsi que les approfondissements sur les différents types de béton et les méthodes de cure. Ces connaissances me permettent aujourd’hui de mieux évaluer les ouvrages et de prendre des décisions techniques sûres et adaptées sur les chantiers.

Qu’avez-vous pensé de la place accordée à la pratique ainsi que des échanges avec les intervenants et les autres participants? 
L’approche pratique était particulièrement développée. De nombreux intervenants disposaient d’une longue expérience dans les domaines de la conception, de la recherche et de l’exécution. Les échanges avec les autres participants, issus de différents horizons du secteur de la construction, ont également été particulièrement enrichissants. 

Votre manière d’aborder les projets a-t-elle évolué depuis cette formation continue? 
Oui. Aujourd’hui, face à un ouvrage en béton endommagé, je ne m’arrête plus aux dégradations visibles. Je cherche également à en comprendre les causes et à déterminer les mesures de réparation les plus appropriées. Cette compréhension approfondie m’aide à mieux appréhender les choix techniques et à élaborer des solutions solides et pertinentes dans mon activité professionnelle.

Quels seront, selon vous, les principaux défis à relever à l’avenir dans le domaine de la technique et de la réparation du béton? 
L’un des grands défis consistera à entretenir et à remettre en état les infrastructures existantes de manière à la fois économique et durable. Dans le même temps, des enjeux tels que la préservation des ressources, la réduction des émissions de CO₂, le recours à de nouveaux matériaux et les exigences croissantes en matière de durabilité gagneront encore en importance. Il faudra également pouvoir compter sur des professionnels disposant de solides connaissances techniques et d’une véritable maîtrise de leur métier.

Quelle importance accordez-vous à la réparation des ouvrages dans une démarche de construction durable? 
La réparation joue un rôle important en matière de durabilité. En prolongeant la durée de vie des ouvrages existants, elle permet de préserver les ressources, de réduire les déchets et de limiter le recours à de nouvelles constructions. Dans de nombreux cas, la réparation d’un ouvrage constitue donc non seulement une solution techniquement pertinente, mais aussi une approche plus respectueuse de l’environnement.

Vue des travaux de rénovation en cours. Photos: BETONSUISSE
Vue des travaux de rénovation en cours. Photos: BETONSUISSE
Armature mise à nu après le retrait du béton et ajout d’une armature supplémentaire pour renforcer la structure avant le bétonnage
Armature mise à nu après le retrait du béton et ajout d’une armature supplémentaire pour renforcer la structure avant le bétonnage

A qui recommanderiez-vous tout particulièrement le CAS «Protection et réparation des constructions en béton»?
Je recommanderais le CAS «Protection et réparation des constructions en béton» à tous les professionnels amenés à évaluer, concevoir, réaliser ou réparer des ouvrages en béton existants. Il s’adresse notamment à celles et ceux qui souhaitent non seulement identifier les dégradations, mais aussi en comprendre les causes et être en mesure d’évaluer les mesures appropriées avec un regard professionnel. Le CAS apporte à cet égard des connaissances solides, avec un ancrage très concret dans la pratique.

Comment résumeriez-vous cette formation en une phrase?
La formation DAS ingénieur(e) béton apporte des connaissances techniques solides et directement applicables, tout en permettant de développer une compréhension globale des ouvrages en béton sur l’ensemble de leur cycle de vie.

Merci, Monsieur Stettler, pour cet entretien très intéressant et pour ces précieux éclairages sur votre travail. Nous vous souhaitons beaucoup de succès dans la suite de vos projets.

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