Comment votre entreprise a-t-elle intégré les processus numériques dans ses activités quotidiennes ?
Il y a plus de 30 ans déjà, STÜSSI a commencé à mettre en place des processus numériques, en premier lieu en se lançant dans la planification 3D. Au cours des cinq dernières années, nous avons considérablement investi dans la mise en place et le développement de notre infrastructure numérique.
Sur le plan organisationnel, nous appliquons le principe du « logiciel avant le matériel », car des processus désordonnés ne peuvent pas être automatisés. Un processus de planification clairement structuré constitue la base d’une production efficace et de qualité. Nos processus de production sont actuellement gérés et organisés de manière numérique. En interne, nous avons créé un poste chargé de l’optimisation et du développement de nos logiciels.
Depuis plus de 40 ans, vous réalisez des bâtiments d’habitation préfabriqués en béton. Quel est le délai de réalisation du gros œuvre d’un tel bâtiment ?
Il faut compter respectivement quatre à six mois pour la planification et la production. Grâce à une organisation judicieuse, les deux processus peuvent être partiellement menés en parallèle. Les éléments en béton préfabriqués se montent rapidement. Les étages standards sont prêts à l’emploi en l’espace d’une à deux semaines de travail. À titre d’exemple, il ne nous a fallu que 52 jours pour monter une maison à plusieurs logements comptant quatre étages et 16 appartements. Cela comprend tous les travaux de montage du rez-de-chaussée aux combles, ainsi que la pose des fenêtres. Il est donc possible de réaliser une enveloppe de bâtiment étanche en moins de deux mois. Par rapport à la construction traditionnelle avec du béton coulé sur place et des murs en briques, cela représente un gain de temps d’environ 2 à 3 mois.
La mise en œuvre de tels calendriers exige un « raisonnement systématique ». Après une phase de conception créative, il convient de procéder de manière structurée. Dans l’idéal, la possibilité de recourir à la préfabrication doit être envisagée dès le début du projet. Les éléments de construction préfabriqués doivent en tous les cas être planifiés avant la construction en béton coulé sur place.
Comment relevez-vous les défis en matière de développement durable et de préservation des ressources ?
Notre devise est la suivante : « De nombreux petits détails font une grande différence ». Il est important d’agir à tous les niveaux de la chaîne de création de valeur. Côté production, nous utilisons depuis novembre 2022 du ciment à teneur réduite en clinker, l’un des principaux leviers d’action en termes de CO2. Nous œuvrons aussi activement auprès de la clientèle en matière de dimensionnement des éléments de construction. Les murs préfabriqués peuvent par exemple être 30 à 40 % plus minces que les murs en béton coulé sur place. Pour les dalles et les structures nervurées (dalles TT), le potentiel d’économie atteint même 50 % en termes de consommation de béton. Les possibilités et le potentiel du béton préfabriqué restent toujours sous-estimés. Nous y travaillons intensivement.