Projets, Entretien
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Le béton, une base pour la construction en montagne

Celles et ceux qui entreprennent une longue randonnée en montagne comptent sur les nombreuses cabanes du Club Alpin Suisse CAS. Le Club quant à lui se retrouve régulièrement face au défi de la construction en haute montagne et le béton vient jouer un rôle de plus en plus important dans ce domaine.

Le béton, une base pour la construction en montagne

Cabane Trift 1h 30min

L’excitation monte. Le panneau indique que la cabane n’est plus très loin. Enfin! Il est temps de boire une gorgée de la gourde et de profiter de la vue à couper le souffle qui s’offre à celles et ceux qui se lancent dans une randonnée en montagne. On se réjouit à l’idée d’arriver à la cabane, de manger un bon plat et de retrouver le confort du dortoir.

Ce qui semble une évidence aux alpinistes nécessite en réalité beaucoup de travail et de passion. Peut-être qu’en regardant la cabane, on se demande comment la nourriture ou les matériaux de construction ont été transportés en altitude. Ou comment ils ont fait à l’époque, il y a 80 ans. Et qui a bien pu traîner le panneau indicateur avec son poteau en acier jusqu’ici?

Les défis de la construction dans les Alpes

Autrefois, chaque pierre et chaque poutre devaient être portées jusqu’à la cabane. Aujourd’hui, c’est l’hélicoptère qui s’en charge. Environ 3'000 vols en hélicoptère ont été nécessaires en 2009 pour la construction de l’imposante cabane Monte Rosa. Ce projet minutieusement planifié a nécessité la participation d’environ 35 professionnels de la construction. La cabane est l’une des plus grandes des Alpes. Seul le socle en béton armé mesure déjà 16 m de diamètre. L’idée d’une coopération entre le CAS et l’EPFZ ainsi que les méthodes de planification et de mise en œuvre du projet étaient également peu communes: le projet devait être pris en charge par des étudiants en architecture, de la phase de conception au dépôt de la demande de permis de construire. L’accompagnement des étudiants ainsi que la planification globale ont été assurés par le professeur Andrea Deplazes et ses assistants. En outre, des concepteurs spécialisés issus de divers domaines, tels que la statique, la domotique, la production d’énergie, et des planificateurs des coûts ont été inclus dans le processus. La planification de la nouvelle cabane Monte Rosa, qui a duré quatre semestres, a impliqué la participation successive d’environ 33 étudiants. Même les petites cabanes ont besoin d’un investissement élevé en temps et en ressources pour leur construction. Des explosifs doivent être utilisés à certains endroits, l’hélicoptère doit acheminer des pelles mécaniques, et le chantier nécessite des échafaudages et des matériaux de construction, bien évidemment.

 

La cabane Monte Rosa (Zermatt). Crédit photo: CAS
La cabane Monte Rosa (Zermatt). Crédit photo: CAS

Il y a toujours quelque chose à faire

Avec plus de 150 cabanes, il y a toujours beaucoup à faire pour le CAS en matière de remise à neuf, de rénovation ou de construction de nouvelles cabanes. Certaines cabanes étant très vieilles, elles doivent être rénovées. Mais le changement climatique se fait également sentir. Le pergélisol dégèle, les roches perdent leur maintien et se détachent de plus en plus. Mais déjà par le passé, les cabanes du CAS ont été détruites à plusieurs reprises à cause de phénomènes naturels tels que les avalanches. La Schönbielhütte près du Cervin, par exemple, aura une extension cunéiforme en béton qui offrira plus d’espace tout en augmentant la protection contre les avalanches. La Rothornhütte, qui se trouve à proximité, a été rouverte en 2024. L’ancienne cabane présentait un nombre croissant de fissures depuis les années 1950, était de plus en plus délabrée et devait être déplacée à un endroit plus bas. La Doldenhornhütte ou la Gelmerhütte, quant à elles, seront bientôt rénovées et le béton constituera une base importante.

La Trifthütte: pierres recyclées et béton RC

Cet été, la Trifthütte sera reconstruite. Le site est exploité depuis plus de 150 ans et a été endommagé à plusieurs reprises au fil du temps par des phénomènes naturels. En 2021, une avalanche a tellement endommagé la cabane qu’il est impossible de la reconstruire au même endroit. La nouvelle cabane sera reconstruite un peu plus bas, à un endroit sûr. Le nouveau bâtiment reposera sur des fondations en béton armé et les pierres de l’ancienne cabane serviront de parement. Le mur en béton côté montagne sera également renforcé par des pierres afin qu’il puisse résister à d’éventuelles avalanches. Des éléments en bois seront utilisés pour la structure reposant sur les fondations. Voilà pour les grandes lignes du projet. Andreas Burn, qui s’y connaît en cabanes CAS, nous livre des informations détaillées sur les constructions qui ont lieu à plus de 2'000 mètres d’altitude.

La société Burn Spezialbau basée à Adelboden dispose d’une solide expérience et est régulièrement sollicitée par le Club Alpin pour relever les défis posés par la construction de ses cabanes. Elle a réalisé, par exemple, les projets de la Mutthornhütte, de la Gaulihütte et de la Gspaltenhornhütte. Cet été, c’est au tour de la nouvelle Trifthütte dans la région du Grimsel. Selon Andreas Burn, l’attrait de la construction en montagne réside avant tout dans le fait qu’elle ait lieu dans un cadre spectaculaire. Mener des travaux avec une vue imprenable sur les montagnes est une expérience formidable.

Entretien avec Andreas Brun

Bonjour Andreas, êtes-vous entraîné tout l’hiver pour pouvoir atteindre votre chantier à 2500 m d’altitude? Nous sommes tous plutôt en forme. Il faut compter un peu plus de six heures pour atteindre la Trifthütte à pied. Mais ce n’est évidemment pas faisable. C’est pourquoi nous utilisons l’hélicoptère. Il nous transporte en altitude. Et la plupart du temps, il nous redescend.

Pourquoi la plupart du temps? Selon la météo, il se peut qu’un vol ne soit pas possible pour retourner dans la vallée. Dans ce cas, il faut redescendre à pied.

Sinon, vous resteriez là-haut? En réalité, nous restons là-haut pendant la semaine et rentrons chez nous le week-end. L’hélicoptère doit avant tout transporter des matériaux de construction. C’est sa principale mission.

Avez-vous peur en vol? Ça ne serait pas très pratique. Non, nous faisons entièrement confiance à nos pilotes.

Andreas Burn, propriétaire de Burn Spezialbau AG
Andreas Burn, propriétaire de Burn Spezialbau AG

Peut-on dire que vous bénéficiez d’une sorte de camp de vacances pendant la semaine? C’est presque ça! Nous avons construit un logement sur le chantier. Il mesure environ 7 mètres sur 5 mètres, et comprend des couchages et une cuisine. Nous dormons très bien. Et nous nous débrouillons également pour bien manger. Ma femme et ma fille préparent en avance des plats (très délicieux!) dans la vallée ou nous cuisinons directement dans la cabane. En fait, l’ambiance est toujours au top. Mais nous sommes aussi une équipe soudée. Nous n’avons pas le choix.

Il n’y a pas de gardien de cabane? Ce serait peut-être une bonne idée. Mais nous nous en sommes très bien sortis jusqu’à présent. Peut-être que nous pourrions tenter l’expérience lors du prochain projet.

Pourquoi ne pas passer la nuit dans l’ancienne cabane? Elle se trouve à une bonne centaine de mètres dénivelés plus haut. Cela nous prendrait environ 20 minutes par trajet. De plus, nous utilisons beaucoup de matériaux de construction de l’ancienne cabane. C’est pourquoi nous avons mis en place le logement provisoire près du chantier.

Avez-vous des visiteurs qui viennent sur le chantier? Rarement. Quelques-uns. Mais des bouquetins et des étagnes sont déjà venus nous rendre visite. Ils ne se laissent pas troubler par les travaux et se prélassent non loin de la cabane. Parfois, nous avons le sentiment qu’ils aiment nous observer.

À présent, passons à la phase de construction. Il vous arrive de travailler avec des pelleteuses. Vous les conduisez jusqu’ici? Non, nous n’avons pas encore le permis escalade en haute montagne à bord d’une pelleteuse! Les engins de chantier, comme la pelle mécanique, sont tous héliportés. Parfois, il faut démonter une pelle en plusieurs parties parce qu’elle serait trop lourde pour être transportée entière. Mais nous avons acquis pas mal d’expérience dans le domaine. Ou on peut faire appel à un Super Puma, qui peut facilement soulever trois tonnes et atteindre les 2'000 mètres d’altitude sans problème. Mais lorsque l’air se raréfie, un hélicoptère ne peut plus transporter autant de charge. Par conséquent, plus on construit en altitude, plus on doit multiplier les vols. Et si le thermomètre dépasse les 20 degrés, l’air devient encore plus rare et l’hélicoptère peut transporter encore moins de charge en altitude en raison d’une portance réduite.

Dans ce cas, il faut également emporter de quoi refaire le plein. Comment faites-vous pour l’électricité qui alimente tous vos appareils? On aurait pu poser un câble de 20 km depuis Guttannen ou Gadmen, mais il ne faut pas abuser. Nous disposons d’un accumulateur d’énergie, de panneaux solaires et d’un groupe électrogène diesel. Cela suffit pour alimenter l’ensemble des perforateurs, burineurs, etc. Sans oublier que nous travaillons beaucoup à la main.

Comment procédez-vous pour le béton? Parfois, l’hélicoptère nous l’achemine déjà tout prêt. Cependant, il se peut qu’il fasse trop froid pendant le vol et que le béton devienne inutilisable. Donc nous le mélangeons souvent sur place.

Utilisez-vous du béton recyclé? Oui, nous utilisons celui de l’ancienne cabane. En 2006, un mur en béton de 6 m de haut et 10 m de long a été construit. Nous avons à notre disposition un peu plus de 35 m3 de béton. Nous le brisons en granulats à l’aide d’un marteau-piqueur et obtenons ainsi du béton maigre, que nous utilisons pour les murs. Nous voulons réutiliser autant que possible les matériaux de construction de l’ancienne cabane. Cela semble évident, mais il faut tout de même savoir reconnaître ce qui peut servir et ce qu’il faut redescendre par hélicoptère, comme l’ancienne armature, qui ne peut pas être réutilisée.

À quel point avance-t-on plus lentement par rapport à un chantier réalisé dans la vallée? En bas, nous serions trois fois plus rapides. Pas seulement à cause des livraisons que nous attendons. Nous sommes également confrontés à un espace plus limité. L’endroit étant exposé au vent, nous ne pouvons pas non plus utiliser de grue. Nous utilisons toutefois un pont roulant, ce qui facilite quelque peu les choses.

Comment choisissez-vous les matériaux de construction? Faut-il respecter un certain nombre de choses? Il existe des personnes qui souhaitent une maison entièrement en bois ou alors en pierre naturelle. Nous pensons que le choix des matériaux de construction doit avoir du sens. En règle générale, les fondations sont toujours en béton. Impossible d’y déroger. Il arrive cependant que nous arrivions à obtenir suffisamment de roche après l’avoir fait exploser pour pouvoir créer des caves naturelles. Personnellement, j’aime beaucoup cela.

Ensuite, nous aimons utiliser beaucoup de bois. Il s’agit d’un matériau de construction léger que l’on trouve en Suisse. Le mur de pignon côté montagne quant à lui est en béton, car il est tout simplement primordial d’avoir une bonne protection contre les avalanches. En matière de protection contre les incendies, le béton est bien sûr plus efficace que le bois. Ici, les pompiers ne peuvent pas intervenir aussi rapidement.

La pierre naturelle est un élément important. Pour moi, cela fait partie d’une cabane, bien que nous l’ayons uniquement utilisée en tant que parement pour la Trifthütte. Je trouve ce matériau aussi utile que beau. Ensuite, les façades supérieures sont revêtues d’un bardage en mélèze. Nous voulons également que les cabanes CAS aient un côté esthétique qui s’intègre dans la région environnante.

Qu’est-ce qui vous plaît particulièrement dans le projet de la Trifthütte? Nous entretenons une excellente relation avec les maîtres d’ouvrage du Club Alpin et les concepteurs. Nous avons la chance de pouvoir effectuer différents types de travaux dans un endroit spécial. Ça, c’est génial. Grâce à notre expérience, l’ensemble des parties prenantes ont une bonne compréhension du projet, et ce dès le début. Ça marche! La collaboration avec le garde-chasse est également très bonne. Étant donné qu’un nid d’aigle se trouve sur le chemin de la Trifthütte, on se met d’accord sur des itinéraires de vol alternatifs. Ainsi, tout le monde cohabite au mieux.

Quelle est votre cabane CAS préférée? Difficile à dire! En fait, j’aime beaucoup la Lämmerenhütte. Un magnifique petit lac se trouve à proximité et la vue sur les montagnes est imprenable. Et mon beau-frère est encore gardien de cabane en ce moment!

Entretien avec Daniela Brielmeier

L’équipe de gardiens de la nouvelle Trifthütte n’est pas encore activement entrée en fonction. Néanmoins, nous étions curieux de savoir comment un gardien ou une gardienne de cabane pouvait vivre un chantier en haute montagne. Daniela Brielmeier de la Rohhorn-Hütte a vécu de près la construction d’un nouveau bâtiment. Elle a élu domicile à la Rothornhütte à 3'180 m d’altitude depuis 2019. Daniela a assisté à la construction de la nouvelle cabane et au démantèlement de l’ancienne cabane dès le début et nous raconte cette période passionnante.

Bonjour Daniela, Tu as participé à la construction de la nouvelle Rothornhütte de A à Z. Les travaux ont débuté en plein milieu de la saison. Les clients ont-ils dû mettre la main à la pâte ?

Bonjour! Le chantier a débuté en mai 2023 et normalement la saison ne commence que fin juin. Pour nos clients, la saison a été plutôt courte, car nous avons dû commencer à démanteler l’ancienne cabane. L’équipe chargée des travaux et moi-même sommes restés aussi longtemps que possible dans l’ancienne cabane, puis nous avons pu déménager provisoirement dans la nouvelle cabane où le gros œuvre était terminé. Il va sans dire que nous ne pouvions pas y accueillir les clients. Nous avons installé la cuisine de l’ancienne cabane dans le sous-sol et avons pu dormir dans les futures chambres, qui étaient plus ou moins terminées, c’est-à-dire qu’on pouvait y poser des matelas au sol tant qu’on ne se souciait pas trop de la poussière autour..

Daniela Brielmeier, gardienne de cabane à la Rothornhütte (VS)
Daniela Brielmeier, gardienne de cabane à la Rothornhütte (VS)

As-tu réussi à dormir?  Même si c’était assez rudimentaire, je n’ai pas si mal dormi. Je savais que nous devrions bouger sans cesse les choses. Et la fatigue se fait bien sentir après une journée de chantier.

C’était donc très chargé. Et comment! Tout d’abord, il a fallu faire exploser la roche afin de créer suffisamment d’espace pour les fondations de la nouvelle cabane tout en sécurisant l’endroit. Ensuite ont été coulées les fondations en béton. Dans l’ancienne cabane, je cuisinais cinq fois par jour, car l’équipe avait besoin de beaucoup de calories pour mener à bien le chantier à cette altitude.

À partir de quand as-tu cuisiné dans la nouvelle cabane? Soudainement, tout est allé très vite. À partir du moment où les fondations en béton étaient prêtes, les échafaudages sont arrivés et, deux jours plus tard, le gros œuvre était terminé. Les éléments en bois préfabriqués ont été héliportés. Tout en étant soulevés par l’hélicoptère, ils ont été placés aux bons endroits, puis fixés. Ils ont travaillé au millimètre près, et ce depuis les airs! C’était très impressionnant.

Et tu as tout fait toute seule? C’est le maître d’œuvre qui est aux commandes, mais je fais évidemment figure d’interlocutrice sur place et dois organiser et coordonner beaucoup de choses. À cette altitude, l’équipe doit fonctionner et il faut faire preuve de solidarité. L’équipe chargée de la construction, les charpentiers, les menuisiers, les techniciens métallurgistes, les électriciens et les plombiers – les corps de métier sont nombreux et on ne peut pas y arriver seul dans son coin.

Presque. Je ne faisais pas que préparer cinq repas par jour. J’étais toujours sur place et il fallait répondre sans arrêt à des questions. Lorsque j’avais une minute de répit, j’aidais volontiers à visser les éléments en bois ou à monter une étagère. Heureusement, des bénévoles sont venus m’aider en cuisine, car il a bien fallu vider l’ancienne cabane à un moment donné.

Les adieux ont-ils été durs? Il y avait cette vieille cuisinière à gaz dans l’ancienne cabane. Elle était le cœur et l’âme des lieux, mais trop grande pour qu’on puisse la sortir. Il a donc fallu casser les murs à la masse, non sans peine. Mais nous avons pu descendre la cuisinière comme solution provisoire. Cela m’a un peu réconfortée.

Avez-vous organisé une fête pour célébrer la démolition ou la nouvelle construction? Il n’y a pas eu de fête à l’occasion de la démolition, mais nous avons fêté la nouvelle construction à Zermatt, qui se trouve un peu plus bas. Elle nous a fait beaucoup de bien même si elle n’a pas eu lieu à la cabane.

Qu’est-ce qui t’a le plus impressionnée pendant les travaux? Tant de choses! Tout d’abord, le nouvel emplacement, qui semblait peu propice à accueillir un bâtiment. Sur cet éperon rocheux, c’est vraiment spectaculaire. Ensuite, comme je l’ai déjà mentionné, le gros œuvre, qui était soudainement terminé en deux jours, comme par magie. Enfin, la manière dont l’équipe a travaillé main dans la main était tout simplement géniale.

Qu’est-ce qui te plaît tout particulièrement dans la nouvelle cabane? En fait, tout ce que l’ancienne cabane n’avait pas. Elle est lumineuse; on est au sec et au chaud. C’est quand même un confort que l’on sait apprécier lorsqu’on passe une saison à 3'000 m d’altitude. Les commodités telles que les douches sont bien, mais pas essentielles. Les grandes surfaces vitrées sont baignées dans la lumière du côté sud et les rayons du soleil réchauffent l’intérieur.

Quelles sont les solutions adoptées pour vous chauffer et cuisiner? Dans la salle à manger, nous avons un poêle à bois qui nous permet d’atteindre une température agréable. Ensuite, la façade vitrée côté sud joue un rôle important, puisqu’elle permet aux rayons de soleil de chauffer la pièce.

Nous cuisinons à l’aide d’une cuisinière à gaz, d’un four et d’un cuiseur vapeur. Le nec plus ultra est la machine à café qui fait un excellent expresso. Il s’agit d’une machine presque spécialement conçue pour le CAS par Caffè Cervino basée à Naters. La machine peut fonctionner au gaz ou à l’électricité. Nous avons installé des panneaux photovoltaïques sur le toit, mais leur capacité n’est pas infinie.

Que se passe-t-il lorsqu’une tempête fait rage? La charpente commence-t-elle à vibrer? Heureusement que non! Rien ne bouge; la cabane est solide comme un roc. Seul le vent peut se faire entendre autour de la cabane.

Ton équipe accueille un nombre incalculable de clients. Comment réagissent-ils à cette nouvelle cabane? Très bien. La plupart du temps, l’ambiance est joyeuse. Nos clients sont toujours fascinés par la nature ici. La nouvelle cabane est très appréciée, notamment le fait qu’il y ait moins de dortoirs. Depuis le Covid, les clients souhaitent davantage de couchages individuels et de chambres plus petites. C’est super que nous puissions répondre à cette demande grâce à nos chambres avec lits superposés.

As-tu d’autres anecdotes intéressantes à partager? Apparemment, il est de coutume de laisser une tête de marteau de charpentier dans une maison terminée. Lors du démantèlement, nous avons retrouvé la tête de marteau de l’époque. On lui a donc trouvé une place d’honneur dans la nouvelle cabane, tel un talisman.

Des animaux te rendent également visite? Les bouquetins viennent régulièrement. Même si nous ne leur donnons pas de sel, ils s’approchent jusqu’à 30 mètres de la cabane. Parfois, ils se prélassent sur le sentier. Nous voyons également des gypaètes barbus. Il s’agit de toute une famille et, tous les trois ans, on voit un petit qui les rejoint.

Dors-tu mieux quand tu es à la cabane ou quand tu es de retour dans la vallée en hiver? Quand même chez moi, dans mon propre lit. La chambre de la gardienne de cabane se trouve juste à côté de la cuisine, à présent. C’est parfois un peu bruyant, le premier petit-déjeuner étant servi dès trois heures du matin. Mais la chambre est super et je compte bien la garder pour moi.

Les nouvelles cabanes reposent souvent sur des fondations en béton et sont basées sur des formes et des matériaux conventionnels. Qu’est-ce qui te plaît le plus? La pierre maçonnée me plaît beaucoup et surtout la terrasse qui a été construite à l’aide des pierres de l’ancienne cabane. Mais les éléments plus modernes tels que les fondations en béton, l’isolation ou le bardage Preva me parlent également. Cela a du sens. Le verre est également superbe. Et l’intérieur tout en bois est magnifique! Au début, j’ai eu un peu de mal avec les matériaux de construction modernes, car j’étais également très attachée à l’ancienne cabane.

Où habites-tu dans la vallée? Dans une maison à plusieurs logements. Rien de très spectaculaire par rapport à la Rothornhütte. Mais je m’y sens bien.

Que fais-tu en hiver? Même en hiver, je reste attachée à la montagne. Je travaille à Zermatt, dans une agence de guides de montagne et à l’école de ski. C’est tout simplement merveilleux de pouvoir travailler dans ce secteur.

Chère Daniela, merci beaucoup pour l’entretien que tu nous as accordé. Nous te souhaitons une très belle saison dans ta cabane là-haut !

Images de la nouvelle Rothornhütte et des phases du chantier.
Images de la nouvelle Rothornhütte et des phases du chantier.
Crédit photo: Rothornhütte
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