Beton-People, Entretien
6 Min.

Le béton, la base pour du très grand spectacle.

Les constructions spectaculaires promettent un intérieur à l’avenant de leur forme extérieure attrayante. Dans le cas du nouveau stade de glace du club de patinage zurichois ZSC Lions, cette promesse est tenue.
Le béton, la base pour du très grand spectacle.

Un rêve de roche et de glace.

Le nouveau stade de glace situé dans le quartier zurichois d’Altstetten est le rêve devenu réalité de plusieurs générations de fans de hockey sur glace. Une arena dédiée uniquement à ce sport. Un stade au rayonnement continental pouvant accueillir 12 000 personnes. Une prise de position en faveur de la construction moderne d’installations sportives. La ZSC Lions Arena enthousiasme bien au-delà de la Suisse du hockey sur glace. L’ensemble du secteur de la construction a également attendu le résultat avec impatience.

Un rêve de roche, car 42 000 m3 de béton y ont été mis en œuvre. Le bâtiment est donc composé en grande partie de pierres, de gravier, de ciment et d’eau. Dès le début, il était important d’utiliser de nouvelles techniques de construction afin d’établir de nouveaux standards qui resteront valables longtemps. Par exemple, avec les matrices pour béton dont les courbes des élégants motifs ondulent entre les ouvertures de fenêtre circulaires. Un rêve donc pour toute entreprise à la recherche de solutions de construction innovantes.

Hockey sur glace et béton : la dream team.
Le magnifique stade, le « Theatre of Dreams », a déjà fait l’objet de nombreux articles. Mais ce qui nous intéresse plus particulièrement ici, c’est la surface sur laquelle on joue. Car à ce niveau-là, le béton est depuis toujours la base. Ici, à Altstetten, le support sera particulièrement mis à l’épreuve. Il devra supporter d’innombrables entraînements, matchs, rencontres de play-off et probablement aussi des célébrations de titres de champion. Puis, dans quelques années, l’arena accueillera les championnats du monde de hockey sur glace. Hors saison viendront s’ajouter à la liste des tournois de handball, des assemblées générales et d’autres événements, qui solliciteront encore davantage la surface.

Le support est composé de plusieurs couches qui doivent remplir différents critères pour que la glace puisse s’y former. On se demande souvent ce qu’il y a sous la couche de glace. C’est pourquoi nous posons la question au maître de glace, Karl Fink, et aux experts de la conception.

Karl Fink est chef d'équipe des Facility Services et chef de l'équipe de six maîtres de glace.
Karl Fink est chef d'équipe des Facility Services et chef de l'équipe de six maîtres de glace.

Monsieur Fink, qu’est-ce que cela vous fait-il d’être maître de glace du nouveau stade de hockey sur glace ?
C’est hyper cool ! Non, sérieusement : c’est déjà formidable de pouvoir s’occuper de l’élément le plus important du stade de glace le plus moderne d’Europe. Le stade est vraiment un grand projet. Il faut déjà que je m’habitue aux dimensions ! L’architecture est spectaculaire. L’issue de la compétition avec le spectacle sur la glace n’est pas encore connue. Mais les deux vont probablement s’additionner et non s’opposer. La glace et le stade forment une équipe qui jettera les bases de la réussite sportive.

Nous, Betonsuisse, nous sommes naturellement intéressés par l’importance qu’a pour vous le support sous la glace.
Le support est la fondation de la surface de glace, c’est évident. Ce qui est décisif, outre une surface absolument plane, c’est que le béton puisse être refroidi de manière uniforme. Ainsi, il est possible de réaliser proprement les couches de glace successives. Et bien sûr, le support ne doit pas se fissurer et doit durer dans le temps.

Le béton est-il peint en blanc ? Car la glace est transparente.
Non, la surface en béton est laissée telle quelle. La peinture blanche ne sera appliquée qu’après les 2 à 3 premiers millimètres de glace. Car lorsqu’il faut dégeler la glace, par exemple pour l’exploitation estivale, cela pose problème ou plutôt ça fait pas mal de saleté. Avec de la glace sous la peinture, le tout peut être dégelé et évacué proprement. D’ailleurs, cela se fait sans produits chimiques, car la peinture blanche est un mélange d’eau et de chaux qui peut être éliminé sans problème avec les eaux usées.

Faut-il de l’eau spéciale ?
En principe, non. Mais nous utilisons de l’eau osmosée. C’est une eau sans calcaire qui, sous forme de glace, présente une plus grande transparence. La surface de glace semble plus homogène et l’est aussi dans une certaine mesure. La transparence plaît en outre aux entreprises sponsors dont les logos s’affichent dans les cercles d’engagement.

C’est vrai, la publicité ! Est-ce qu’elle est aussi peinte ?
Les logos sont constitués de papier et sont posés à même la glace. Des couches de glace viennent ensuite les recouvrir. S’il y a un changement de sponsor, par exemple pour un match de Champions League, la glace est rabotée. Mais pas jusqu’au sponsor de la saison, juste quelques millimètres au-dessus. Ensuite, on pose les logos des sponsors de la CL de manière à ce qu’ils couvrent parfaitement ceux des sponsors de la saison, puis on remet de la glace par-dessus et tout est prêt pour aller chercher la coupe de la CL.

En fait, quelle est l’épaisseur de la glace et combien de couches y a-t-il ?
L’épaisseur optimale est d’environ 3,5 à 4 cm. Une couche plus épaisse ne ferait que gaspiller davantage d’énergie de refroidissement. On fabrique la glace millimètre par millimètre. Cela se fait avec un tuyau d’arrosage. Dit comme cela, cela peut paraître simpliste, mais cela demande une certaine habileté et de l’expérience. Il faut environ une semaine pour atteindre la hauteur ou l’épaisseur parfaite qui est d’environ 40 couches. Entre les couches, comme je l’ai déjà mentionné, on ajoute la peinture blanche à la chaux et les sponsors. Enfin, la surfaceuse intervient pour la finition.

La légendaire Zamboni !
Ha ! La Zamboni ! Arrêtez (rires). Tout le monde parle toujours de la Zamboni. On en voit encore de temps en temps. La technique est relativement obsolète et nécessite beaucoup de vissage. Les Engo et WM Mulser sont bien plus modernes. Mais « Zamboni » s’est manifestement établi comme un terme générique.

Monsieur Fink, nous vous remercions pour cet entretien et vous souhaitons beaucoup de succès !

À la base, il y a du béton.
Marc Gisler de Leplan AG a conçu la construction du support et le système de refroidissement. L’entreprise a acquis au fil des ans un grand savoir-faire dans la construction de patinoires, qu’elle peut maintenant parfaitement mettre à profit dans la nouvelle arena. Visar Shtanaj, du groupe Walo, était responsable des travaux de béton. Tous deux, entre autres acteurs, ont réalisé la scène destinée à accueillir de grands événements sportifs.

Couche par couche
Pour faire simple, le support de la glace est construit de la manière suivante : la première couche est la fondation sur laquelle tout repose. Pour les constructeurs de patinoires, cette couche correspond à la dalle en béton. Une couche d’isolation d’environ 1,6 cm d’épaisseur est posée sur le support solide et plan. Elle protège le support du froid dégagé par la couche de béton qui le recouvre. Ensuite, une couche de glissement composée d’un film plastique et d’un non-tissé est posée sur un pare-vapeur en bitume. Elle fait en sorte que la couche dite de propreté d’une épaisseur de 7 cm qui est coulée par-dessus puisse bouger sur le non-tissé lors du durcissement et ne se fissure pas. Le sol est maintenant prêt à recevoir le système de refroidissement. Pour ce faire, on pose d’abord un treillis d’armature sur lequel sont ensuite posés les tuyaux en acier qui conduisent le liquide de refroidissement. Les tuyaux de refroidissement mesurent d’ailleurs en tout plus de 20 km de long. Un autre treillis d’armature vient recouvrir le système de refroidissement. Le liquide de refroidissement qui circulera plus tard dans les tuyaux à une température constante de -8 °C permettra de geler les 1800 m2 de surface totale. Le squelette composé de l’armature et des tuyaux de refroidissement est ensuite noyé dans le béton. Au final, cette couche aura une épaisseur de 14 cm et devra être coulée de manière parfaitement plane. Mais avant que le maître de glace ne puisse mettre la main à la pâte, il faut parachever le support. Des tracteurs guidés par laser nivellent parfaitement la surface de béton. Il ne faut pas que des bosses ou des creux transforment plus tard la surface de glace en une piste cahoteuse. Pour finir, on passe une talocheuse-lisseuse sur la surface pour en faire une fondation résistante et lisse comme un miroir. Finement nivelée, la surface est alors prête pour accueillir ce qui est l’objet de toutes les attentions dans l’arena : la glace.

La patinoire – le sanctuaire qui donne vie à la Swiss Life Arena.
La surface de hockey cristalline est au maître de glace Karl Fink ce que le gazon sacré de Wembley est à son greenkeeper. Nous nous demandons comment on prépare la matière dont on fait les légendes du hockey sur glace.

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