Utilisation durable du béton
Une utilisation durable du béton nécessite cependant une planification globale et une collaboration interdisciplinaire. Joris Van Wezemael est favorable à la prise en compte de principes tels que l’évaporation et l’infiltration des eaux pluviales dans la planification des bâtiments. Cela pourrait passer par l’intégration de façades et de toitures végétalisées qui amélioreraient non seulement le microclimat, mais favoriseraient également la biodiversité. La longévité du béton doit être mise à profit dans ce contexte pour créer des bâtiments d’usage flexible, capables de s’adapter à de nombreuses générations.
La mise en œuvre de béton procure avant tout des opportunités lorsque le mode de construction est intégré dans la globalité des mesures d’aménagement du territoire. À titre d’exemple, le béton pourrait être utilisé en combinaison avec du bois ou d’autres matériaux durables pour créer des ouvrages hybrides, à la fois écologiques et esthétiques.
Approches interdisciplinaires et collaboration
Les experts soulignent tous deux l’importance des approches interdisciplinaires et de la collaboration entre acteurs publics, représentants de la société civile et intervenants privés. Pour Joris Van Wezemael, des procédures intégrées et parallèles sont un moyen de relever plus efficacement les défis de l’aménagement du territoire. La technologie, par exemple via le perfectionnement des plates-formes SIG, pourrait favoriser la cohérence et faciliter la simulation et la visualisation de variantes spatio-typologiques grâce à l’IA générative.
Damian Jerjen, directeur d’EspaceSuisse et Professor of Practice à l’EPF de Zurich, insiste sur la nécessité d’une bonne planification et d’une participation précoce de tous les acteurs concernés. Il souligne que les communes qui s’engagent activement dans leur développement et mènent une politique active dans le domaine foncier et en matière de logement sont les mieux préparées. Damian Jerjen voit également un grand potentiel dans la densification des zones urbaines et relève que les zones à bâtir existantes offrent suffisamment de place pour accueillir plus de 10 millions d’habitants. Ce potentiel doit être utilisé de manière qualitative.